Correspondance d'affaires. Lettres adressées à M. Lenet, abbé du Val-des-Choux, chargé des affaires de l'évêque de Langres. • 1683 Voir dans l'inventaire Ajout à votre panier

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- L'évêque à l'abbé du Val-des-Choux : « Si toutes les pensions estoient aussi régulièrement payées que celles que je fais, on n'auroit aucun juste sujet de s'en plaindre, et je croy M. le président Bouhier trop raisonnable pour pouvoir trouver à redire d'estre payé six mois après l'eschéance ; mais comme c'est une personne que j'estime et que je considère, je fairay toujours jusques à l'impossible pour luy donner lieu de croire que ce qui le touche ne m'est pas indifférent. C'est pourquoy je consens que l'argent que vous devez tirer par le traité que vous avez à faire de la forge de Vezaulle, qui doit estre comptant pour les bois qui sont sur pied….. On luy paye les mil livres qui luy sont deùs....... J'oubliois de vous dire que j'ay donné lieu, à la personne qui m'a présenté une lettre de vostre part, de se louer de mes soins, car elle a esté fort honnestement reçue du Roy, luy ayant présenté son présent. Le Roy même, qui ne mange point de confitures, a voulu qu'elle le présentast à la Reyne. Je luy en ay donné une occasion favorable, et elle m'en a paru satisfaitte, en m'en faisant ses remerciemens. » Paris, 15 janvier.

- Germain Giffart, religieux et procureur de l'abbaye de Saint-Seine, à l'évêque de Langres : « Monseigneur, comme on m'a donné soin de ce qui regarde votre mense abbatialle de Saint-Seyne, je tasche de m'acquitter..... Le nommé Condé, qui s'est tousjours monstre ennemy de ceste abbaye et qui nous a chicané par plusieurs procez, prend tousjours la qualité de capitaine de vos chasses, et chasse impunément, sous prétexte que votre grandeur luy a continué ce titre que M. de Choysi luy avoit donné..... » Saint-Seine, 29 janvier.

- L'évêque à l'abbé du Val-des-Choux : « Je voys qu'il est nécessaire aussi que vous fassiez un petit voyage à Montigny, car il faut rechercher avec toute sorte de soin de ne laisser pas en chaumage ce fourneau...... Le marquis de Créqui espouse jeudy prochain Mlle d'Aumon, et le marquis de Tavanes Mlle de Trichasteau..... Avertissez s'il vous plaist M. Le Sain que je n'ay pas pu refuser à M. le comte de Rochefort la permission qu'il me demande de tirer des mines sur mes terres delà Chassagne [Ferme, commune de Prusly-sur-Ource (Côte-d'Or) ]. Ayant trouvé que sa demande estoit fondée. » Paris, 30 janvier.

- Le même au même : « Je reçus hier au soir en revenant de Versailles, vos deux dernières..... J'ai donné ordre qu'on dressast l'obédience pour la sœur de madame de Lanty ; je lui fairoy response en vous l'envoyant au premier jour. M. de Rouvre est arrivé icy ; je ne l'ay pas encore veu, mais il a veu M. le premier président, son frère. Nous en parlâmes hier soir ensemble, nous trouvant en bonne compagnie, au festin des nopces de M. le marquis de Tavanes, qui sont enfin achevées, ainsi que celles du marquis de Créqui avec mademoiselle d'Aumont. On ne sçauroit vous apprendre rien d'asseuré touchant la guerre, car ce sont des secrets des dieux dans lesquels on ne peut point encore pénétrer..... Vous me fairez plaisir de m'envoyer ou me faire envoyer des bonnes treufles [truffes] des lieux que vous jugerez à propos, car on m'en demande pour envoyer au loin, en plusieurs endroits..... » Paris, 5 février.

- M. l'abbé R. Carteron à l'abbé du Val des choux : « Monseigneur suit la cour, qui part le jeudy d'après les Cendres pour Villiers-Cotteretz et Compiègne ; ce sera un voyage de trois semaines..... » Paris, 17 février.

- L'évêque à l'abbé du Val-des-Écoliers : « Je serois bien ayse quand l'occasion s'en présentera que vous m'envoyiez des treufles du costé de Richebourg ou autre part, car on m'en a demandé pour envoyer à la campagne. Je ne doute pas que l'on n'ayt le soin de faire remplir les glacières de Langres et de Varennes, et de faire porter à Langres toutes les provisions nécessaires..... Le cardinal de Bouillon a eu l'abbaye de Cluny, avec la disposition de toutes les dépendances, ce qui est une d'autant plus grande distinction en sa faveur que le Roy s'est déclaré qu'il ne disposeroit pas si tost des autres deux grandes abbayes. Le dessein du voyage de Compiègne et de Villers-Cotteretz continue pour le lendemain des Cendres. Je voudrais bien m'en pouvoir exempter, mais je ne sçay comment. L'on présume qu'il y a quelque dessein d'un plus grand voyage : on ne sçait encore à quoy s'en tenir, non plus qu'au sujet de la guerre. » Paris, 19 février.

- Le même au même : « Mon rume, dont je ne suis pas entièrement quitte, et beaucoup d'affaires de différente nature m'ont obligé à m'exempter du voyage de Compiègne et de Villiers-Cotterez, pour lequel la cour partit avant-hier de Versailles, dans le dessein d'y estre de retour le 23 de ce mois..... Je souhaite que vostre passage à Chanite me soit avantageux pour mettre en estât de travailler le fourneau de Montigny, car, comme vous sçavez, c'est une diminution notable à mon revenu....

- L'abbaye de Montmartre a esté donnée à madame d'Harcourt, celle du Thrésor à la sœur de madame Colbert de Croissy, et trois autres, d'hommes, l'une à un fils de Madame La Nourrice, à l'exclusion de M. de Metz, qui en avoit demandé l'eschange, estant dans Metz et à sa bien scéance ; des deux autres, l'une à M. de Jonquières, et l'autre à M. l'abbé Le Cheron. L'abbaye de Prouille est encore vacante, depuis peu..... » Paris, 6 mars.

- Le même au même : « Je veux, avant de monter en carrosse pour me trouver à Versailles à l'arrivée de la Cour, où je vais demeurer quelques jours, vous dire, Monsieur, que j'ay enfin trouvé votre dernière du 14e de ce mois..... » Paris, 24 mars.

- Le même au même : « J'espère que nous aurons le débit de nos denrées, parce quïl y doit avoir un camp d'infanterie considérable sur la Sar, que doit commander le duc de Villeroy, et un de cavalerie, sur la Saône, que M. de Boufflers doit commander sous monseigneur le Dauphin. La Cour doit partir le 24 ou 25 de may pour se rendre premièrement sur le camp de la Saône..... Je suis bien fasché de l'inutilité du fourneau de Montigny, car, à ce que je vois, voilà une diminution considérable à mon revenu ; mais il n'y a rien à faire de plus à cet esgard que ce que vous prattiqués..... » Paris, 5 avril 1683.

- Le même au même : « .... Nous nous en entretiendrons à loisir et en confiance quand nous nous reverrons ; aussi bien, voicy mon temps qui approche, car vous croyez bien, Monsieur, que je ne serois pas d'humeur à demeurer en ce pays dans le temps que la Cour en partira, quand ce ne seroit pas celuy que je destine ordinairement en mon diocèse..... » Versailles, 12 avril.

- Le même au même : « Je voudrais bien que l'on eust des cavalles, tant pour le travail que pour porter ; si j'en avois, j'en fairois venir présentement pour mener, pour mon équipage, au lieu d'acheter plusieurs chevaux qu'il me faudra encore, ce qui m'incommodera, car il n'y a plus guère de temps pour cela, la Cour devant arriver à Dijon le 5 du moys de juin, veille de la Pentecoste, pour y passer ce jour-là, où il faudra que je me trouve aussi, au lieu d'estre à Langres ; peut-estre mesme me résoudray-je, me trouvant tout porté sur les lieux, à y faire les ordres, puisque ce séjour me pourra servir aussi pour faire d'autres affaires, et pour cela je manderay à MM. Amat et Novilliers qu'ils consertent un peu ensemble, tant pour le logement que pour les provisions qu'on y pourroit faire porter. Je ne m'attendois pas à devoir faire quelque nouvelle despence à la forge de Vexaulle..... Monsieur Amat m'escrit, du 11 de ce mois, qu'il venoit d'apprendre que le chœur de l'église Saint-Broingt-les-Fosses, dont je suis seigneur et grand décimateur, menace ruine..... » Paris, 19 avril.

- M. Amat, vicaire général, (à l'abbé du Val-des Choux ?) : « Monseigneur est à Fontainebleau, où on ne parle que de la cérémonye de l'enterrement de la Reyne... Nous serons à Langres pour l'ordination de septembre..... » Paris, 23 avril.

- L'évêque à l'abbé du Val-des-Choux : « Mon dessein estant d'arriver à Dijon au plus tard le 4 du mois prochain, qui est un jour devant la Cour, vous pourrez prendre vos mesures de venir au moins au devant de moy à Saint-Seyne, et peut-être aurai-je besoin de quelques chevaux ; en ce cas, je vous le fairay sçavoir par avance, car peut-estre fairai-je quelques journées avec la Cour, et me serviray ensuitte d'une chaize que je fay faire, comme celle que vous avez veùe à M. d'Uteron..... » Paris, 14 mai.

- Le même au même : « Je fais estât d'arriver à Dijon au moins un jour avant la Cour, qui y doit estre le 3e du mois prochain, veille de la Pentecoste. Vous n'avez qu'à venir à Montbar et vous y trouver le premier du mois prochain.... Je prends le party de faire aller mon carroce devant, par la routte que tient la cour ; il y a un des aumôniers de la Reyne qui n'est pas encore en quartier, qui va dans mon carroce..... » Paris, 21 mai.

- M. Amat à l'abbé du Val-des-Choux : « J'ai advis, Monsieur, que tout est à Dijon hors de prix ; si cela est vray, quand Monseigneur n'y seroit que douze ou quinze jours (c'est le moins qu'il y puisse rester, y faisant les ordres), il feroit une très grande despense s'il n'y avoit pas de provisions..... J'ay fait préparer icy l'évesché, Monsieur, par ordre de Monseigneur, à cause des personnes de qualité qui passeront par icy..... » Langres, 29 août.

- L'évêque à l'abbé du Val-des-Choux : « J'ay receu à mon retour de Fontainebleau, qui fust hyer, vostre dernière lettre, de Langres. Je m'en vais à Saint-Denys, répéter cette grande et luguble cérémonye….. Mon dessaing est d'estre à Langres au plus tard le 16e, puisque les ordres sont le 18e. » Paris, 30 août. - M. Amat à l'abbé du Val-des-Choux : « Monseigneur se préparant pour aller aux vigiles, et demain au grand service, et estant toujours plus touché, le cœur luy ayant mesme fait mal hyer approchant de St-Denys, me donne charge, Monsieur, de vous prier de vous trouver le 15 du mois de septembre prochain à Vaudremont, où Monseigneur arrivera le soir 15 pour arriver à Langres le 16 au soir..... » Paris, 31 août.

- L'évêque au même : « Mr Colbert mourut hyer au soir, à ce qu'on dit ; avant hyer au soir il reçeut le bon Dieu, mais il n'est pas mort..... Je m'en va dans deux jours à Fontainebleau me mettre en estât de prendre congé, prenant mes mesures pour arriver à Langres le 16 de ce mois, afin de conférer les ordres selon ma coustume ; c'est pour­quoi vous n'avés qu'à vous trouver le 15 à Vaudremont où j'iray coucher ce jour-là. J'ai donné ordre qu'on enmènera trois chevaux de carrosse de Varenne, ayant pris une résolution de mener un carrosse de deuil à Langres. » Paris, 3 septembre 1683.

Date de l'unité documentaire

1683

Description physique

(Liasse.) - 46 pièces, papier.

Descripteurs

Grand domaine de recherche : Inventaires d'archives
Sous-domaine de recherche : Archives religieuses
Cotes extrêmes : G 96