Fonds des Etablissements Edouard Chalot, constructeur au Tempillon-sur-Blaise

par Géraldine Lamblin-Hetzel, archiviste-stagiaire en licence professsionnelle Archives et Patrimoines Industriels, Culturels et Administratifs (APICA) à l'IUT de Dijon. ; sous la direction de Monsieur Alain Morgat, conservateur en chef des Archives Départementales de Haute-Marne, France.

Présentation

Cote

1

Cotes extrêmes

114 J 1-42

Intitulé de l'unité documentaire

Fonds des Etablissements Edouard Chalot, constructeur au Tempillon-sur-Blaise

Date de l'unité documentaire

1910-1970

Description physique

Type

Document d'archives

Nombre d'unités de niveau bas

42

Dépôt :

Archives départementales de la Haute-Marne

Langue des unités documentaires

français

Origine

Etablissements Edouard Chalot

Biographie ou histoire

Les Etablissements Chalot ont existé, a minima, de 1910 à 1969. En effet, « Après avoir quitté à l'âge de dix ans sa Lorraine natale (…) passée sous occupation allemande, Edouard Chalot loua en 1910 le Tempillon à la famille Capitain-Gény. Conseillé par ses beaux-frères, qui étaient du métier, il reconvertit le site en usine de matériels agricoles. (…) En 1923, les propriétaires lui vendirent l'usine », nous dit Sophie Pêche dans son mémoire de maîtrise en 1999.

Le fonds révèle une activité importante des établissements de 1910 jusqu'au début des années 1950. L'usine était spécialisée dans la construction d'outillage agricole, tel que des brouettes à fumier et les éléments de construction pour le machinisme agricole : elle fournissait notamment des cylindres en tôle unis ou en acier ondulé, des rouleaux en tôle unis, en acier ondulé, en acier doux Thomas (ADT), et en fonte, des rouleaux complets montés avec avant-train.

Durant la Première Guerre mondiale, les Etablissements Chalot ont été sollicités par le ministère de la Guerre, en l'occurrence l'établissement central du matériel de guerre du Génie d'Angoulême et le camp retranché de Vincennes, pour la fabrication et la livraison de brouettes, de réservoirs et de tinettes.

La scie modèle « Joujou » que les établissements avaient référencé dans leur catalogue des années 1930-1940 semble avoir rencontré un franc succès.

A partir de 1940, Edouard Chalot dit ne plus fabriquer de brouettes, même s'il en promet encore la livraison à sa cousine, Blanche Odinot d'Essey-les-Ponts (voir cote 114J15).

Il est à remarquer que, comme le dirigeant Julien Godinot d'une autre entreprise haut-marnaise contemporaine, Edouard Chalot demande dans les années 1940 un paiement en nature à son client Manufrance. La lettre par laquelle il demande le règlement de brouettes par des fusils et cartouches a toutefois été écrite après-guerre, puisqu'elle date du 28 septembre 1945 (voir cote 114J13).

Certains partenaires commerciaux, comme les Etablissements Champenois de Cousances-aux-Forges dans la Meuse, étaient à la fois clients et fournisseurs, puisqu'ils commandaient des produits pour la fabrication desquels ils fournissaient eux-mêmes la matière première.

Edouard Chalot est décédé en octobre 1960, comme le révèle une lettre de condoléances d'un représentant contenue dans la liasse cotée 114J38.

Les partenaires commerciaux écrivaient généralement aux Etablissements Chalot, Tempillon, "par Vaux-sur-Blaise", alors que le lieu-dit du Tempillon se situe dans la commune de Rachecourt-sur-Blaise, ce qui s'explique par le fait que la gare la plus proche de l'usine était celle de Vaux-Montreuil.

Historique de la conservation

La provenance exacte et l'historique du fonds ne sont pas connus.

Informations sur les modalités d'entrée

Il s'agit fonds entré aux Archives départementales de Haute-Marne le 24 août 2010, en même temps que le fonds des Usines de la Motte de Saint-Dizier (113 J) et celui de dossiers clients des notaires d'Eclaron par l'entremise de Madame Ducourtioux de la Société des Lettres, des Sciences, des Arts, de l'Industrie et de l'Agriculture de Saint-Dizier.

Présentation du contenu

La majeure partie du fonds est constituée de correspondance commerciale avec, en particulier, les clients des Etablissements Chalot et, dans certains cas, les fournisseurs. La correspondance avec cinq vendeurs représentants placiers de l'établissement a également été conservée.

Mode de classement

La volonté d'adhérer au principe de respect du fonds a conduit à ce que les liasses, qui n'étaient pas complètement en vrac, mais déjà constituées selon un certain ordre de production, soient autant que possible maintenues groupées.

Toutefois, en l'absence d'organigramme et de données historiques suffisantes apportées par des sources extérieures, il n'a pas été possible de décider si les Etablissements Edouard Chalot disposaient de services constitués tels qu'un « Service commercial » ou un « Bureau du personnel », de sorte que des dénominations neutres suggérant une activité plutôt qu'une structure ont été privilégiées. C'est ainsi que trois grands titres ont été choisis pour effectuer le classement, à savoir « Comptabilité », « Activité commerciale » et « Personnel ».

L'attribution de certaines liasses à l'un ou l'autre grand titre a parfois été litigieuse. Ainsi, même si l'on peut supposer que les documents reçus des fournisseurs soient passés entre les mains de comptables, il ne s'agissait pas exclusivement des factures ou de pièces de caisse, mais aussi de véritable correspondance avec des partenaires dont un certain nombre ont été à la fois client et fournisseur, particulièrement en temps de guerre. C'est le cas des Etablissements Champenois de Chamouilley (avec siège à Cousances-les-Forges dans la Meuse), mais aussi de l'établissement central du matériel de guerre du génie militaire à Angoulême. Ces documents de nature comptable ont donc trouvé leur place au sein de la rubrique « Activité commerciale ».

A l'inverse, un certain nombre de liasses de documents émanant de fournisseurs, tels que factures, mandats et lettres de change, bien que riches en enseignements de différentes natures, ont bien été classés sous le titre « Comptabilité », selon une logique déjà adoptée pour le classement du fonds des Usines de la Motte (113J).

Comme aussi pour ce dernier fonds, les documents ayant trait aux représentants de commerce ont trouvé leur place au sein du titre « Personnel » plutôt que « Activité commerciale », parce que ces archives traitent de la situation de ces agents assimilable à celle du personnel employé par l'entreprise (rémunération à la commission, cotisations sociales). Le souci de ne pas scinder les archives ayant trait aux représentants de commerce fait que même les informations relatives au rayon d'activité des vendeurs sont à rechercher dans ce titre et non en « Activité commerciale ».

L'ordre de présentation des grands titres cherche à rendre compte d'une logique chronologique et d'organisation des processus de production avec, au tout début, « l'Activité commerciale », en partie centrale la « Comptabilité » et le « Personnel » en fin d'instrument de recherche. Ainsi, c'est la première partie qui avec l'activité donne la clé et reflète le mieux le cœur de cet établissement industriel. Mais la partie « Comptabilité » est riche en enseignements sur les ramifications du réseau sur lequel reposait la production industrielle locale, tandis que la partie « Personnel » livre des informations rares sur le métier de « vendeur représentant placier » au milieu du XXe siècle.

A l'intérieur de chacune des sous-parties, le classement des cotes est chronologique, la date de début faisant à chaque fois référence parmi les deux dates extrêmes.

Dans la description archivistique ainsi que l'indexage, le choix a été fait de faire ressortir les noms d'entreprises partenaires locales ou bien alors ayant une envergure nationale telles que les usines appartenant à la famille de Wendel.

Modalités d'accès

Certaines liasses concernant la vie privée des vendeurs représentants font l'objet de réserves quant à leur communicabilité, parce que les rémunérations de ces derniers y sont indiquées très précisément de manière nominative : la cote 114J42 restera donc incommunicable jusqu'en 2019.

Sources complémentaires

Sources internes

L'instrument de recherche 113J correspondant au fonds des Usines de la Motte à Saint-Dizier a été réalisé concomitamment.

Bibliographie

Sophie Pêche, Le Tempillon à Rachecourt-sur-Blaise du XVIIe au XIXe siècle. Monographie d'un établissement métallurgique en milieu rural. Mémoire de maîtrise d'histoire sous la direction de Madame Genêt-Delacroix, Université de Reims, 1999-2000, AD52, cote GF 873.

Philippe Delorme, Pendant la Première Guerre mondiale, un projet de mécanisation de l'agriculture, in : revue Fontes, Wassy, n°86, septembre 2012, pp. 11-15, AD52, cote 258 REV.

Bertrand Gille, "Prolégomènes à une histoire des techniques", in : Revue d'histoire des mines et de la métallurgie, tome IV, n°1/2, 1972., AD52, cote 59 REV art. 13 (en salle de lecture).

Denis Woronoff, Histoire de l'industrie en France du XVIe siècle à nos jours, collection Points Histoire Seuil, 1994, particulièrement "une modernisation inachevée, p.404-427.

Commentaire

La plupart des courriers et factures des partenaires commerciaux ont été écrits à la machine, dès les années 1910. Les Etablissements Chalot ont généralement conservé un double des lettres qu'ils ont envoyées, grâce à un système de duplication au papier carbone à l'encre violette. Quelques courriers à en-tête des Etablissements Chalot eux-mêmes se trouvent aussi dans le fonds.

Rédacteur de la description

Géraldine Lamblin-Hetzel, stagiaire en licence professionnelles Archives et Patrimoines Industriels, Culturels et Administratifs

Informations sur la description

Insturment de recherche réalisé du 1er mars au 31 mai 2016, sous la direction de Monsieur Alain Morgat, conservateur en chef et directeur des Archives départementales de Haute-Marne.

Date de création de la description

mercredi 27 avril 2016

Date de dernière modification de la description

jeudi 8 février 2018

Sujet (liste-grandDomaine) : Inventaires d'archives Sujet (liste-sousDomaine) : Archives d'entreprises Sujet : construction mécanique Nom de personne : Chalot (Edouard) Nom géographique : Rachecourt-sur-Blaise (Haute-Marne, France), Rachecourt-Suzémont (Haute-Marne, France), Vaux-sur-Blaise (Haute-Marne, France)

Contenu

Informations bibliographiques

Informations de publication

Déclaration de titre

Titre : Fonds des Etablissements Edouard Chalot, constructeur au Tempillon-sur-Blaise
Auteur : par Géraldine Lamblin-Hetzel, archiviste-stagiaire en licence professsionnelle Archives et Patrimoines Industriels, Culturels et Administratifs (APICA) à l'IUT de Dijon. ; sous la direction de Monsieur Alain Morgat, conservateur en chef des Archives Départementales de Haute-Marne, France.

Déclaration de publication

Éditeur : Archives départementales de la Haute-Marne
Adresse : Chaumont

Profil

Création : Instrument de recherche produit au moyen du logiciel Arkhéïa Aide au classement de la société Anaphore sarl, version 8-2.7 du mardi 15 novembre 2016 . Date de l'export : jeudi 8 février 2018 (12:07 h)
Langue : Instrument de recherche rédigé en français